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CAROLINE BOUYER, ARIANE FRUIT

Mémoires du paysage

Musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq

Catalogue d’exposition

24 x 25 cm
80 pages en couleur
couverture souple à rabats
isbn 978-2-36669-089-7
25€

Catalogue disponible au musée : 

Musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq

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Le musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq présente, du 12 avril au 20 septembre 2026, une exposition temporaire consacrée à l’œuvre gravé et dessiné de Caroline Bouyer et Ariane Fruit. Intitulée « Mémoires du paysage », elle réunit plus d’une centaine de pièces. À travers cette exposition et le catalogue qui l’accompagne, le musée met à l’honneur le travail de deux artistes contemporaines s’intéressant au paysage, thématique centrale du projet scientifi que et culturel de l’institution. L’exposition entend également faire dialoguer les oeuvres de Caroline Bouyer et d’Ariane Fruit, qui partagent une sensibilité commune et font de la gravure leur médium privilégié. « Mémoires du paysage » s’articule autour de deux versants : les paysages urbains et les paysages naturels ou inspirés de la nature.

Les paysages urbains et industriels de Caroline Bouyer, gravés au carborundum, sont autant de « témoignages graphiques » – comme l’artiste les qualifie elle-même – qui donnent à voir les mutations architecturales du 13e arrondissement, les multiples visages du périphérique parisien, mais aussi la puissance monstrueuse de l’industrie métallurgique du nord de la France. Ariane Fruit s’intéresse également à la ville en perpétuel mouvement. Depuis les voies ferrées parisiennes (Rue de Rome) ou à bord d’un taxi (série « Nocturnes »), elle cherche à capter la transformation des espaces urbains qui défi lent sous son regard. Pour cela, elle recourt à des techniques variées – linogravure, monotype – révélant, comme chez Caroline Bouyer, une grande aisance à passer d’un procédé de gravure à l’autre.

Les paysages urbains des deux artistes se déploient majoritairement en noir et blanc, renforcés par des noirs profonds savamment orchestrés. Si Caroline Bouyer introduit ponctuellement la couleur à la pointe sèche, Ariane Fruit explore quant à elle d’infinies variations de noir. Cette approche se retrouve dans ses grandes gravures sur bois réalisées à la suite d’une traversée du Canada en train, où le contraste du noir et blanc s’impose pour évoquer forêts denses et plaines interminables. Face aux paysages normands et à leurs falaises calcaires, ces noirs laissent place à de subtiles nuances de gris. La couleur est davantage présente dans le travail de Caroline Bouyer : ses paysages oniriques, issus de croquis assemblés en atelier, se parent de tonalités minérales bleues et vertes, tandis que des bruns et des ocres traversent la série « Palimpseste ».

Au fondement de leur pratique gravée se trouve le dessin. Chez Ariane Fruit, il se distingue par une précision remarquable, notamment dans la restitution des miroitements de l’eau à l’aquatinte (Immersion). Chez Caroline Bouyer, le dessin se fait d’une grande délicatesse lorsqu’il s’associe à la pointe sèche ou à l’eau-forte.

À travers cette exposition, Caroline Bouyer et Ariane Fruit proposent une réflexion croisée sur la transformation des territoires et la mémoire des lieux, entre observation documentaire et imaginaire poétique. « Mémoires du paysage » convoque ainsi plusieurs strates de mémoire : celle du paysage urbain et de ses mutations, celle des paysages naturels, celle de l’homme absent mais omniprésent dans la transformation des lieux, et enfin la mémoire esthétique des artistes, nécessairement sélective mais profondément habitée.

Caroline Oliveira
Directrice du musée d’Art et d’Histoire Louis-Senlecq Senlec